Une nuit chamanique au pays des frites !

Mais quelle mouche m’a piquée pour aller vivre cette expérience hors du commun, alors que je ne connaissais rien à ces pratiques il y a encore 6 mois ?

Tout ce que je sais c’est que cela m’a paru évident et nécessaire de le faire. Ma curiosité pour les phénomènes bizarres et lointains y a, certes, beaucoup contribué.

Nous étions une dizaine de personnes, une assemblée paritaire. Tous n’ayant rien mangé depuis plusieurs heures, à la fois excités, impatients et pour certains, comme moi venus pour la première fois, de l’appréhension ou une certaine inquiétude face à l’inconnu.

Après de longues explications sur les origines du rituel, racontées avec poésie et humour par le couple de brésiliens qui nous accueillait, on nous propose gentiment de nous mettre un collyre dans les yeux, à base de jus de tubercule d’Amazonie : le manège des sensations fortes allait commencer à nous faire … tourner la tête.

1ere étape et après une prière, on nous fait avaler « cul sec » un grand verre de thé que je qualifierai simplement d’immonde . On éteint les lumières et on écoute des chants brésiliens le temps que ça fasse effet sur nous et au bout de 40 minutes « Ayahua watchaaaaaaaaaaaaaa » … montée d’ivresse et de tournis bien que ma tête voulait tout contrôler. Je me sentais partir et mes pensés me retenir ; j’observais les yeux fermés le match ‘peur contre lâcher-prise’ sur le ring. Je luttais de l’intérieur au prix d’un malaise et de tremblements ; mon mental (hurlant ?!) ne lâchait pas, mon corps résistait comme il pouvait et là … haut de cœur, l’estomac au bord des lèvres, j’ai rendu à César (ou du moins dans son seau) … les raisons de me faire de la bile

Le voyage pouvait commencer. Troublée par ces premières sensations violentes, allongée, mes visions prennent une autre tournure : j’étais face à mon mur Facebook je voyais les statuts s’écrire, se modifier, les associations libres d’idées se faire et se défaire et autant de vérités et d’évidences que je lisais clairement comme dans un livre. Eh oui Facebook me poursuit jusqu’aux portes de l’Amazonie dans les méandres labyrinthiques de mon cerveau. « J’aime » , j’en suis mdr !

Et pendant une heure j’ai fouillé mon inconscient régulièrement ramené à l’ordre par mon ‘conscient’ … psychanalyse accélérée ou guerre de clochers ? Justement voilà qu’autour de moi j’entends tinter les cloches, des vraies pour le coup, rejointes par des petites percus et puis d’autres instruments divers qui après, une cacophonie joyeuse et universelle, ont laissé place aux sons de tambours et de chants amérindiens. Je ne savais plus où j’étais mais j’étais bien.

Après cet « apetizer » nous attendait … le baiser de la grenouille sensé nous métamorphoser tous en princes et princesses charmés ! Un rituel qui allait bien plus nous secouer, dans le genre court mais très intense !!!

Première chose conseillée « le croire pour le voir » … identifier au moins un souhait, une intention pour les voir se réaliser,

Deuxième, troisième et quatrième règles : boire, boire et boire, conditions sinequa none pour supporter la piqûre de ce batracien hydrophobe et fluorescent… Surtout garder l’eau sinon c’est carrément moins rigolo. Et nous voilà toutes et tous transformés en chameaux … 2 litres et demi de flotte dans l’estomac à attendre l’absolution au prix d’une montée d’adrénaline, d’un réchauffement proche de l’implosion qui finis en gerbe apocalyptique et salvatrice.

Le mauvais quart d’heure passé (au sens propre, quoique ?!), épuisée, sourire béat aux lèvres, je suis prête à m’endormir comme un bébé en rêvant aux jours meilleurs qui, je le « Crôa », ne tarderont pas à se manifester.

La nuit fût courte, voire inexistante et les dérangements fréquents ; fallait bien évacuer les eaux avalées. Et malgré tout, nous avions tous le lendemain matin la banane, le teint frais et comble du masochisme : une envie de recommencer cette expérience Extra-Ordinaire… A bon entendeur

Un chamane, des cham’eaux
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